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                                                           Archives :  projet citoyen1. « Auprès de la mer intérieure »

       

 

 

 

   

 

   Mémoire contemporaine de la Shoah 

projet citoyen 1   

Création  2004  

 « Auprès de la mer intérieure »

 


                          

d’ Edward Bond

  

22 manifestations publiques à Aix-en-Provence

  

Trois lieux culturels, un collège de la ville,

un auteur dramatique, une compagnie théâtrale,

de nombreux partenaires relais, la LICRA

et les associations locales de mémoire de la Déportation et de la Résistance

et la Fondation pour la mémoire de la Shoah.

  

  

  

  

« Auprès de la mer intérieure » d’Edward BOND

  

  

  

La pièce met en scène un jeune homme qui se prépare à passer un examen. Surgit la vision obsédante d’une femme qui l’implore de raconter « la bonne histoire » pour la sauver, elle et son bébé, de la chambre à gaz. Il affronte en solitaire les évocations symboliques, visuelles et sonores d’une guerre sans nom, qui font irruption dans sa conscience. Cette épreuve initiatique et douloureuse à plusieurs titres : elle marque la fin de l’innocence de l’enfance, la découverte du monde et de ses violences. Elle révèle aussi l’inévitable responsabilité qui lui incombe. Il doit faire face seul à cette crise incommunicable : sa mère ne voit rien et ne peut rien comprendre. La mise en scène juxtapose les deux registres de l’action, le quotidien réaliste et l’imaginaire de la conscience où se joue l’essentiel.

  

  

Je suis un citoyen d’Auschwitz et d’Hiroshima..

  

  

Dans cette pièce, le dramaturge anglais Edward Bond place la jeunesse au cœur de cette réflexion, puisque le rôle central de la pièce est joué par un adolescent, qui par l'imagination fera le chemin jusqu'à l'entrée de la chambre à gaz …

  

  

  

Les jeunes ont un besoin profond de théâtre.

Ils posent toujours

             les questions fondamentales

                                                                                  de l’existence.

  

                                                          

Commentaire

  

Auprès de la mer intérieure  

 

 

À mesure que le temps avance les survivants des camps de la mort ne seront plus parmi nous. Les œuvres d’art prennent le relais des témoignages, et plus on est jeune, plus la connaissance que l’on a de la Shoah se fera avec elles... ou pas. Bond propose à ces adolescents qui entrent dans le monde des adultes de se poser le problème de leur confrontation à ce passé, et du coup d’une confrontation au futur, le leur : « par l’imagination nous redevenons humains » nous dit Bond.

 

Non seulement le texte s’adresse aux jeunes, mais plusieurs d’entre eux joueront le rôle de ce garçon qui a leur âge, en collaboration et en alternance avec un jeune artiste interprète professionnel. En les rendant créatifs, et en leur permettant d’intégrer une équipe professionnelle composée d’acteurs de tous âges et aux parcours professionnels variés, ces jeunes adolescents, auront à affronter l'évocation de ce trou béant du siècle dernier avec les adultes, dans une aventure commune.

 

Le début de la pièce se situe dans un quotidien contemporain : la mère et le fils dans la chambre de ce dernier. La mère est représentative des adultes englués dans un quotidien difficile : travail, autorité parentale exercée seule (il ne sera jamais question du père), angoisse décuplée au sujet de l’avenir de son fils. Dans cet univers concret du jeune garçon révisant sa leçon dans sa chambre en vue d’un examen et qui a sa mère sur le dos…

                        la femme et son bébé, le soldat allemand, la foule des juifs, personnifications effroyables de la catastrophe, ...

                                                                                              ... jaillissent.

            La vieille femme est l’élément onirique, véritable contrepoint de la mère et de la femme juive. Intemporelle, elle porte sur elle les traces des soubresauts sanglants de l’Histoire.

            L’homme sur le toit, dernier chaînon de l’extermination, celui qui verse les cristaux de gaz a besoin de témoigner de son humanité : il dit avoir tué beaucoup de gens, demande à être libéré de cette fonction ; il n’est pas présenté comme un monstre assoiffé de sang et pourtant il fait quelque chose de terriblement monstrueux, ce qui nous renvoie à notre attitude dans une telle situation : rien ne nous rassure sur le fait que nous ne pourrions pas être à sa place…

 

Certes Bond crée une fiction, la rencontre entre ce garçon et la femme lui demandant de l’aide : l’imagination du garçon donne la parole à cette femme qui cherche à sauver son bébé. Il remontera le temps avec elle et suivra son parcours de la rafle jusqu’à la chambre à gaz.

 

 

 

Il attrape le bébé pour le sauver...

 

 

 En nous plaçant du côté du garçon (de « l’innocence radicale ») nous faisons ce parcours avec lui car cette fiction est tellement incroyable qu’un effet de réel s’ensuit : le spectacle de ce garçon en prise avec la vérité de cette période d’histoire. Du coup on voit bien que c’est du théâtre et l’identification se fait avec les acteurs en action.

 C’est le mental du garçon s’ouvrant sur ce pan d’histoire qui est dessiné par l’action.

 on peut alors parler d’acteur central et de quatre autres protagonistes.

 

L’homme sur le toit

(versant les cristaux de gaz sur les victimes, mais le dernier de la chaîne d’ordres)

 

 

 

 

      la mère                               le garçon                             la femme et son bébé

                                                                                              (demande d’aide)

 

 

 

                                                   la vieille femme

(elle rit des atrocités tellement elle en a vues : monde d’en bas, les morts de l’Histoire).

 

Ce qui va structurer l’action, c’est l’isolement relatif du garçon pour rencontrer la femme et son bébé, et être lui-même confronté au rôle de passeur de l’Histoire, entendre cette femme parler.

            Il refuse implicitement l’homme sur le toit, la mauvaise autorité, mais il est taraudé de questions par l’attitude de la vieille femme : « y a-t-il quelque chose qui ne vous fasse pas rire ? » lui demande-t-il. « je ne suis pas encore née » lui répond-elle, façon de dire qu’il y a toujours eu trop de souffrance.

 

Chacun des gestes éclaire les significations de la pièce :

(la tasse qui tombe... Les cristaux versés, la femme qui prend la main du garçon, les pleurs du bourreau et ses sarcasmes sur les victimes...)

 autant de « problèmes » à poser au public…

 

 

 

 

 Création

«Auprès de la mer intérieure »

 

Texte                                     : Edward Bond

Traduction                             : Catherine Cullen et Stuart Seide (l’Arche éditeur)

 

Mise en scène                                   : Michel Ducros assisté de Mohamed Boumedine

Son                                         : Vincent Lambert

Costumes                               : Martine Hernandez

Scénographie                         : Denis Charpin

Lumière                                 : Jocelyne Rodriguez

 

Acteurs

Valérie Hernandez                 : la femme

Barthélémy Giulj                   : l’homme sur le toit

Gisèle Martinez                    : la mère

Micheline Welter                  : la vieille femme

Ken Michel                           : le jeune garçon

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Partenaires

 

Dans le cadre du Contrat de Ville.

En coproduction avec le 3 bis f

Avec le soutien de la Cité du Livre

De La Ville d’ Aix en Provence

du Département des Boûches -du -Rhône

de La Région Provence Alpes -Côte d Azur

de La DRAC PACA

de l’Etat

de la Fondation Pour la Mémoire de la Shoah

de l’ADAMI

L’ Arche Editeur : éditeur et agent du texte représenté

Remerciements aux élèves de 3me1 du collège Château-Double