Compagnie  la Variante  théâtre    

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             photos Gilles Bourgeade

            

  

  

 "La mort de Danton"  de Georg Büchner

Création 2006


Autopsie d' une révolution

éditions théâtrales

 

Traduction: Jean -Louis Besson, Jean Jourdheuil.

Mise en scène : Valérie Hernandez et Michel Ducros

Coproduction : Cie La Variante, Théâtre Vitez, 3bisf,Théâtre des 4 Dauphins, Cie Fragments ,Cie Eponyme.

 

 

         Un travail de réflexion est amorcé avec le public et les partenaires sur ce texte qui évoque la révolution française et l’échec de la terreur, répondant à la désintégration de notre  monde par la fragmentation et le morcellement de l’écriture de celui qui entendait «  aimer l’humanité pour pénétrer l’être profond de chacun » mêlant comique et tragique. En autopsiant la révolution française, Büchner révèle sa part d’ombre et de folie , tentant vainement de prévenir le futur siècle, le vingtième, des grandes catastrophes  : le parti pris  poétique est sa réponse politique. 

 

    « Nous n’avons pas  fait la révolution,

 c’est la révolution qui nous a fait »

(phrase de Danton 2 1)

      

   Projet résidence 3 bis f :


    « chacun = une tête chercheuse"


En préparant  la création prochaine de  « la mort de Danton » de Büchner 2007,l’équipe du spectacle va proposer au 3 bis une recherche en trois étapes avec pour le public deux façon possible de s’y inscrire :

- l’ atelier le lundi après midi tous les 15 jours , spectateur ou acteur, les questions abordées sur le plateau seront au départ les mêmes que le spectacle professionnel mais la personnalité de chacun par son corps et sa parole apporteront une singularité de plus, utile au multiple que nous recherchons, d’ailleurs la présence est possible des participants au 3 temps forts (répétitions avant présentation) .

- les présentations  publiques (extraits) 24 octobre 2005, 6 février, 12mai 2006 à 19h .

 sont pour nous des étapes importantes dans l’évolution du spectacle car nous avons besoin d’ un public  complice ( donc critique) où d’autres professionnels seront aussi conviés, un échange sera alors proposé à l’ issue de la présentation. .

 les trois thématiques travaillées :

1 - Danton Robespierre, couple énigmatique de la révolution ? Leur

opposition est-elle pertinente ? la question est posée à tout acteur de

passage ou plus, nous essayerons de voir comment chaque

interprétation et gestuelle  modifient la donne, quelle lecture

politique elle permet aujourd’hui.

2- Puis nous nous attaquerons au «  comique » de la pièce, de quoi

rit-on ?( rapport entre le jeu , le texte , la mort , la peur) quelle

fonction a le comique ( adoucir le drame, ?le renforcer et comment ?,

établissement d’une distanciation brechtienne pour inviter à la

réflexion ?)

 Plusieurs choix sont alors possibles

3- Le chœur est-il perte d’identité personnelle de l’individu, et si oui

de quelle façon ? Représente-t-il une métaphysique des corps, un

ancrage dans le réel ? Est-il signe annonciateur de mort ? peut-on le

voir comme la persistance de l’expérience humaine ? Que nous dit-il de

l’enfermement des Dantonistes, de l'être humain …

 

                                          

   

  Tous les acteurs du spectacle participent à l’ atelier  :

 Mohamed  Boumedine,   ,  Michel Ducros, Valérie Hernandez, Gisèle Martinez, Jean - Marc Vidal, Julie Charquet , Micheline Welter 

et 3 étudiants stagiaires du  département des Arts du spectacle : Justine Simon, Magalie Dupuis, Yann Le Corre.

Avec le soutien de la ville d’Aix-en-Provence et du département des Bouches-du-Rhône.  

           

 Janvier  2007

Création de la pièce

  Théâtre Vitez AIX en PROVENCE.

 

     

             La mort de Danton (Büchner)

 

         Une rêverie métaphysique de la Révolution

  Cette pièce aurait pu s’appeler la rêverie de Danton, ironie de l’histoire elle coïncide avec sa mort, car dès la première scène le ton est donné, la mort est inéluctable, les dés sont jetés ou les cartes sont jouées. Danton vient de faire l’amour  avec  Julie, sa femme, et déjà la mort

est à l’oeuvre :

se connaître ?

Il faudrait s’ouvrir le crâne et s’extraire l’un l’autre les pensées des fibres du cerveau...

Non, Julie, je t’aime comme le tombeau

(La mort de Danton, acteI scène 1)

un socle sous-tend le travail de recherche : le groupe. Des acteurs ?

non, des personnes. Ces personnes sont, sont là, elles respirent,elles sont face, face à nous.

Mais pas seulement : parce qu’elles bougent dans l’espace, en

s’envisageant soi et les autres, tous ceux qui font ce travail ensemble

de marcher tous azimuts, en prenant le temps de sentir, de se sentir

ensemble dans cet espace, et des voix se mêlent aux corps pour dire le

texte, fabriquant le motif choral qui lui permet d’exister, de se

représenter.

Mes amis, il n’est pas nécessaire de s’élever bien haut au-dessus de la terre pour perdre de vue ce miroitement confus et ne plus avoir les yeux emplis que de quelques lignes divines. Il est une oreille pour laquelle les clameurs et les vociférations qui nous assourdissent sont un flot d’harmonies. Mais nous sommes les pauvres musiciens, et nos corps les instruments,les sons discordants qu’on en tire n’ont-ils d’autre but que de monter,monter toujours, pour enfin, s’évanouissant doucement comme un soupir de volupté,aller mourir aux oreilles célestes?...

(La mort de Danton, acteIV scène 5)

   

De temps en temps, pendant ce texte, ces personnes viennent rêver le public,en première ligne, tout près des sièges qui matérialisent cet espace des spectateurs, petite chorégraphie du temps.

Et puis l’errance reprend dans le no man’s land des révolutions avortées :

L’éther aux yeux d’or est-il donc un plat de carpes dorées sur la table des dieux bienheureux,et les dieux bienheureux se réjouissent éternellement,et les poissons meurent éternellement,et les dieux se réjouissent éternellement du jeu des couleurs de l’agonie. (La mort de Danton, acteIV scène 5)

La persistance  têtue de ces corps, de ces voix, porte ce texte d’une Histoire qui n’a pas lieu mais qui prend vie au travers des acteurs, dont nous pouvons nous emparer et que nous devons interroger nous les spectateurs.

Que le texte soit bribe de destin, comme Robespierre ou d’autres dirigeants de cette ultime terreur,ou destin accompli de Danton, Desmoulins et des dantonistes ou évocation shakespearienne   et goethienne de figures féminines violemment poétiques, il est, avant tout      :                               

 

                                                      liberté, égalité, fraternité.

                                    

 

 

 8 novembre 2005  Valérie Hernandez           Michel Ducros