Compagnie  la Variante  théâtre    

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La Jeune Fille et la Mort

 

 


 

 

Drames de Princesses

              

            

          L’Arche est éditeur et agent théâtral du texte représenté. 


           traduction Magali Jourdan et Mathilde Sobottke. 

 

Création  22 et 23 mai  


 2013


Bois de l'Aune 

Aix-en-Provence.



                                                                                   Photos : Philippe Nou

 

 

 

 

Ce spectacle a été soutenu par

le théâtre Vitez ,la ville d’Aix-en-Provence, le département des Bouches-du-Rhône, le ministère de la Culture et de la Communication.

Production Compagnie La Variante

Coproduction Bois de l’Aune, Pôle artistique et culturel de la Communauté du Pays d’Aix,

et Marseille-Provence 2013, Capitale européenne de la culture.


 

 

 

 

                                                                                                                                     diaporama Philippe Nou

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

deux variations d’Elfriede Jelinek

(prix Nobel de littérature) 


"Blanche-Neige", "la Belle au Bois Dormant", 

                                           

 

avec 

 

Héléna Vautrin : La Princesse

Michel Ducros : Le chasseur

Pauline Doré : Blanche-Neige

Gilles le Moher : le Prince

 


 

 metteurs en scène


Valérie Hernandez : Blanche-Neige, la Belle au Bois Dormant

 Michel Ducros :  la Belle au Bois Dormant  


Regard : Jacques Hurtevent


 Laura Devoitin: lumières et son,


Denis Charpin : scénographe,


Martine Hernandez : costumes.  

 

            DRAMES DE PRINCESSES


 

   Dans le texte de Bond, « si ce n’est toi » que nous avons précédemment monté,  la femme, Sara, se suicide pour ne pas devenir meurtrière dans une société violente. Elle occupe une place singulière, ambiguë d’héroïne et de victime sous la coupe masculine. Du coup le choix des textes d’E. Jelinek, « Drames de Princesses », Blanche-Neige, la Belle au bois dormant et Jackie (Kennedy) qui explorent et approfondissent cette problématique, est apparu évident : envisager un point de vue féminin qui attaque et déconstruit une culture masculine dominante.

  

   Trois variations qu’Elfriede Jelinek mène avec virtuosité sur la féminité, la mode, la peoplisation outrancière de notre société. Il n’est que de voir le tirage de la presse people (Gala, Voici, Closer…) et de revues plus politiques et classiques (l’Express, le Nouvel Observateur, le Point. Des icônes qui remplaceraient dans un nouveau système les anciennes saintes : la princesse (Blanche-Neige, la Belle au bois dormant), la femme de président : Jackie Kennedy, princesse moderne. La force de ces trois textes est d’amener le lecteur spectateur au centre d’une histoire connue mais soumise à une écriture contemporaine, le romantisme en moins, la causticité en plus et de décaler la perception que l’on peut avoir des contes de fées classiques ou contemporains.

 

 

Mais parlons des mythes de l‘amour produits par les hommes et que nous connaissons bien. Depuis des siècles l’homme s’est approprié le travail de l’amour des femmes, l’a transformé en poèmes d’amour, tandis que le prolétaire de la relation, la femme, ne disposant pas du métalangage, écrit sur l’amour dans le langage-objet*. Seuls les plus grands écrivains ont percé ce problème à jour (Flaubert !) et se sont catapultés dans le rôle du prolétaire de l’amour, parce que l’opprimé dit mieux la vérité que l’oppresseur.    Elfriede Jelinek

 

*Exemple de langage-objet Jackie Kennedy parlant de Marilyn Monroe : Happy Birthday, Mr. President, tu parles ! elle est radiée, virée, définitivement, malgré ses courbes et sa pesanteur, les hanches, les seins et les épaules charnus, presque à la limite de l’informe, juste cousue à l’intérieur de la robe, mais au fond : intenable, mais sans qu’elle puisse vraiment se tenir, sans pouvoir tenir ce qui lui donne sa forme.

 

 

 

                                                                                           Dossier à télécharger   

 

 

 

La Jeune Fille et la Mort I

"Blanche-Neige"

 

 

                       

  Ce serait une représentation mentale de Blanche-neige. Entendons-nous la reconstitution du conte serait mentale mais les comédiens eux bien réels.

            Le chasseur, homme des bois d’allure brutale, développe étrangement un raffinement rhétorique dans une discussion de haut vol bien que démonstration le ramène brutalement à la réalité de sa fonction : tuer. Blanche-Neige, jeune fille, princesse absorbée par son image et sa rivalité avec une belle-mère qu'elle ne peut décidément pas appeler maman, déploie des efforts surhumains pour ne pas s’embrouiller dans son histoire, ne pas se perdre dans sa beauté. Comme toute héroïne, elle mène une quête désespérée. Elle est à la recherche  des sept nains, mais cela finira de façon assez triviale par un ouïe dire : « J’ai entendu dire qu’ils ne voulaient rien (les nains) de moins que la plus belle femme du monde, juste pour pouvoir accéder au bien-être et distribuer une attitude insouciante, même à l’extérieur si telle est votre demande, sur le paillasson herbeux où ils se précipiteront vers moi le membre libre et se jetteront sur moi, tous ensemble. » 

 

 

Des feuilles détachées de magazines en grand nombre tiendraient lieu de sous-bois et provoqueraient un bruissement lorsque les acteurs se déplaceraient à la fois aimable et inquiétant comme l’est l’échange de ces deux personnages.

 

V.Hernandez

 

 

 

 

 

 La Jeune Fille et la Mort II

"La belle au Bois Dormant"

 

« Je n’ai pas le droit comme d’autres, de me dissiper dans la mort et de devenir futilité, mais on m’a au contraire donné la mission de me taper la mort, jusqu’à presque en éclater… »

Voilà une vision pour le moins déroutante de cette Belle, qui n’est plus une quintessence de féminité mais une pauvre créature, non même pas, la pauvre création d’un prince jet-setteur, une apprentie people qui ne peut être certaine de son existence même dans le regard de l'autre :



 

Le prince est un sot qui se prend pour Dieu, créant dans la vacuité de son raisonnement une architecture à sa gloire : « Cela doit être un beau réveil : être accroupie si longtemps dans l’obscurité et la première chose que l’on voit, Dieu. Moi. Moi ! Moi !

 

   Au passage E. Jelinek égratigne et se moque de nos travers. La communication se révèle impossible malgré les moyens : carte postale, lettre, portable, journaux (feuilles de chou). La possession à outrance qui est générée par le néocapitalisme : capital, placements, intérêts valent bien mieux que les idéaux. L’amour est absent dans ce monde, seule subsiste la satisfaction d’être le créateur, Dieu, par essence masculin, ou la création, objet d’essence féminine, réification rassurante pour tout le monde. Elle démonte aussi la stupidité des religions (et plus spécifiquement du catholicisme si prégnant en Autriche) qui est souvent le vecteur le plus radical de cet ordre des choses. Tout cela finit par tourner au pathétique : le couple princier se transforme en lapins copulant sans la moindre poésie et des poules font la retape pour visiter l’Autriche. Il ne manque plus qu’à conclure sur la mort : mauvaise pub pour encourager la circulation routière.

 

Le mythe est démonté, reste peut-être la mélancolie des croyances enfantines ?

 

. À la fin, des poules décoratives sont amenées et caquettent leur slogan : VISITEZ L’AUTRICHE !


V.Hernandez


Drames princesses 1 Cie la Variante Copie Copyn
2,9 Mo
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